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Prix du matériel sous pression : l'impact du détroit d'Ormuz sur votre budget IT

Si vous avez planifié une extension de votre infrastructure IT ces derniers mois, vous l'avez peut-être remarqué vous-même : les prix indiqués dans un devis n'étaient plus valables quelques semaines plus tard.
25 - 03 - 2026

Les modules de mémoire (RAM) et le stockage SSD sont devenus drastiquement plus chers en peu de temps, et la fin n'est pas encore en vue. En tant que Partner Alliance Manager chez Xylos, je constate cela quotidiennement dans les devis, renouvellements et dossiers d'extension chez nos clients. Que se passe-t-il exactement, et que peut faire votre entreprise à ce sujet ?

Des prix qui quadruplent en quelques mois

On ne parle plus depuis longtemps d'une légère indexation ou d'un ajustement de prix limité. Dans des dossiers d'extension récents, nous avons vu le prix des modules RAM être multiplié par quatre, voire par cinq, par rapport à ce qu'ils coûtaient quelques mois plus tôt. Les SSD enterprise suivent une évolution similaire.

Ce qui est particulier, c'est que ces niveaux de prix sont en plus instables : les fournisseurs proposent aujourd'hui des devis valables seulement deux à trois semaines, parfois même seulement quatorze jours, précisément parce qu'ils n'ont eux-mêmes pas suffisamment de certitude sur l'approvisionnement et le prix de revient.

Cette fois, le taux de change du dollar n'est pas le principal coupable

Contrairement à la période du coronavirus, le taux de change du dollar joue aujourd'hui un rôle beaucoup plus limité. Une partie du matériel reste bien sûr libellée en USD, mais dans les dossiers récents, nous constatons que les hausses de prix ne découlent pas proportionnellement des fluctuations de change. Le cœur du problème se situe ailleurs : dans la disponibilité des matières premières critiques, les coûts énergétiques et la capacité de production du secteur des semi-conducteurs.

Le détroit d'Ormuz : un impact indirect mais bien réel

Les récents développements géopolitiques ont ajouté un nouveau facteur d'incertitude. La fermeture (partielle) et les perturbations du détroit d'Ormuz n'ont pas d'impact direct sur les usines de puces en Europe, mais elles ont un impact indirect démontrable sur la production mondiale de semi-conducteurs.

Plusieurs analyses indépendantes montrent que :

  • Une part importante des exportations mondiales de GNL et d'énergie transite par cette route

  • De grandes régions de production de semi-conducteurs comme Taïwan et la Corée du Sud dépendent fortement de l'énergie importée pour faire tourner leurs usines 24 h/24 et 7 j/7

  • L'hélium, un gaz essentiel à la production de puces (refroidissement, lithographie), provient en grande partie comme sous-produit du GNL en provenance de la région du Golfe, le Qatar à lui seul fournissant environ un tiers de la production mondiale d'hélium

Les perturbations de cette chaîne n'entraînent pas nécessairement des arrêts de production immédiats, mais elles augmentent bien le prix de revient, le risque et la volatilité de la production de mémoire et de SSD. Plusieurs analyses avertissent que ce sont surtout les puces mémoire (DRAM et NAND) qui y sont sensibles.

Que pouvez-vous concrètement faire ?

Dans ce contexte, il est important de ne pas partir automatiquement du principe que « remplacer vaut mieux ». Une alternative souvent sous-estimée mais très rationnelle consiste à :

  • Continuer à utiliser les serveurs et le stockage existants plus longtemps, surtout lorsqu'ils sont encore techniquement suffisants

  • Les fabricants offrent aujourd'hui souvent la possibilité de prolonger le support jusqu'à 7 ans ou plus, firmware, remplacement de pièces et support inclus

  • Des extensions limitées et ciblées (par exemple de la mémoire ou du stockage supplémentaire là où c'est strictement nécessaire) peuvent prolonger considérablement la durée de vie

  • Après normalisation du marché, vous pouvez réévaluer la situation et alors seulement procéder à un renouvellement complet du matériel

Une gestion des risques réfléchie, pas de la procrastination

Reporter des achats peut parfois sembler passif, mais dans le contexte actuel, c'est tout le contraire. Qui procède aujourd'hui à des renouvellements complets de matériel, au pic d'un marché volatile, s'expose à des coûts inutilement élevés pour l'organisation. Qui fait correspondre le timing à une analyse claire de l'état de l'infrastructure et de l'évolution du marché pratique une gestion active des risques.

Cela demande toutefois une vision précise de l'état de votre infrastructure actuelle, de ce qui est prolongeable contractuellement, et des seuils critiques à partir desquels il faut réellement intervenir. C'est précisément sur ce point que nous, chez Xylos, aidons nos clients : traduire des choix techniques en une approche économiquement raisonnée, avec un œil sur la continuité aujourd'hui et un timing intelligent pour demain.

Pour conclure

Mon message n'est pas un plaidoyer contre le renouvellement, mais bien pour un timing réfléchi. La pression actuelle sur les prix de la RAM et des SSD est le résultat de facteurs structurels dans la chaîne mondiale des semi-conducteurs, et non de caprices passagers du marché. En gérant plus intelligemment la durée de vie, les extensions et les moments d'achat, les organisations peuvent traverser cette période sans nuire à la continuité ou aux performances.

Vous voulez savoir comment tirer le meilleur parti de votre infrastructure actuelle dans ces conditions de marché ? Notre équipe se fera un plaisir d'examiner avec vous quelle est l'approche la plus intelligente pour votre situation spécifique.

À propos de l'auteur

Frank Dierckx est Partner Alliance Manager chez Xylos et suit quotidiennement l'évolution des écosystèmes matériels, des relations avec les fournisseurs et des projets d'infrastructure. Son expertise aide les clients à faire des choix technologiques à la fois techniquement solides et économiquement responsables.